Le revenu de base

“Êtes-vous pour le revenu universel ?”

Jean, Lapenne

Christine Téqui, Présidente sortante, candidate Couserans Est

Au revenu universel, nous préférons le revenu de base. Et Oui, nous sommes pour une expérimentation du revenu de base.”

Revenu universel et revenu de base, quelle différence ?

“Ce n’est pas du tout la même chose. Le premier consiste à généraliser l’aide financière sans aucune contrepartie, alors que le second a vocation à sécuriser les parcours pour éliminer la grande pauvreté et réinsérer les personnes bénéficiaires des minimas sociaux.
Benoît Hamon, dans sa grande générosité voulait un revenu universel pour tous ceux qui avaient un salaire jusqu’à 1,9 x le smic, sans véritable contrepartie (2 800€ pour une personne seule ou 5 600 € pour un couple). Certains collègues le souhaitent aussi mais pour moi c’est une mesure qui n’est pas soutenable financièrement. Dans le contexte de rareté des ressources publiques, le modèle doit être bouclé sur le plan budgétaire.”

Des défis nouveaux

“Les Départements sont au quotidien en prise avec le monde vécu des personnes. Ils mesurent à ce titre les profondes mutations qui affectent la société, l’intensification et la diversification de la précarité, l’éclatement du salariat, l’érosion des liens sociaux, la perte d’estime de soi. Mais loin d’être résignés face au flot de nouveaux besoins sociaux, nous devons être offensifs, innover socialement, expérimenter pour imaginer d’autres futurs et redonner du sens à un projet de société.”

L’échec du RSA

“Gestionnaire notamment du Revenu de Solidarité Active (RSA), le Conseil Départemental en constate tous les jours les limites. Sa complexité engendre du non recours (plus de 30% de ceux qui y ont droit n’en font pas la demande), des ruptures de droits, des indus. Il échoue à vaincre la pauvreté qui touche 9 millions de personnes en France, et stigmatise ceux qui le perçoivent. Partant de ce constat, nous devons proposer une autre solution.”

Chiche !

“Lors du Congrès des maires de France, Emmanuel Macron s’est dit favorable à plus de libertés, plus d’expérimentations. Au fond, nous disons « chiche » ! Et la politique sociale, c’est le cœur de métier dans les départements.

Le revenu de base pose l’ambition de garantir un revenu minimum pour tous et en particulier pour les jeunes. Il ne se réduit cependant pas à une simple allocation de ressources, mais interroge immédiatement l’autonomie du citoyen, le rapport au travail, l’engagement, la vie familiale. Il n’est en rien le fossoyeur de la valeur travail, qui reste le principal facteur d’intégration dans notre société, mais dessine un nouveau chemin, avec audace et pragmatisme.”

Explorer collectivement des pistes

“Oui, les départements ont cette capacité ! À l’inverse de ce que le chef de l’État a fait depuis l’été dernier en nous imposant des décisions sans aucune concertation, comme les 3 Milliards d’euros de plus enlevés aux collectivités, les normes financières drastiques imposées à notre Département, la brutalité de la suppression des contrats aidés, de l’Aide Personnalisé au Logement, les revirements sur la taxe d’habitation, et maintenant la réforme du chômage qui va pousser encore plus de monde en marge de la société.”

Expérimentons !

“Trop de réformes sont élaborées « hors-sol » et tombent d’en haut sans avoir jamais été éprouvées. Nous croyons, à l’inverse, aux initiatives locales pour orienter les grandes tendances qui traversent notre société, et souhaitons devenir un territoire d’expérimentation où s’inventent les solutions de demain. Mais en procédant avec méthode. Nous devons étudier d’abord les bas revenus en France pour connaître les réalités sociales. Élaborer un modèle robuste, crédible scientifiquement, audacieux socialement, et soutenable financièrement à travers des micro-simulations.
La destruction créatrice fait qu’il n’y a peut-être pas d’emploi pour tous, mais ce qui est certain, c’est qu’il y a une place pour chacun dans la société. Être utile à la société ne passe pas forcément par un contrat de travail.”

Ça peut marcher !

“Imaginez que cela incite davantage qu’aujourd’hui les personnes qui vivent essentiellement d’allocations à reprendre une activité, fusse à temps partiel (avec la garantie que travailler plus ne les fera pas gagner moins, ce qui n’est pas complètement le cas aujourd’hui).
Imaginez que cela incite davantage de gens à créer leur propre entreprise (quand on a la garantie d’un revenu minimum, c’est plus facile de prendre des risques professionnels).
Imaginez que cela réduise fortement les frais de gestion administratifs, le besoin en personnel pour traiter les dossiers de demandes d’allocations sous condition, et en assistants sociaux pour les remplir. On pourrait donc se concentrer sur l’essentiel : réussir le challenge de réduire la pauvreté et développer l’inclusion.

Imaginez que ça marche

Aujourd’hui une personne sans enfant, « éloignée du marché de l’emploi » comme on l’appelle, touche un RSA de 565.34 € par mois.
Imaginons que la proposition est de lui verser demain, à la place de ce RSA, un revenu de base de 565.34 et de lui garantir qu’elle continuera de le toucher même si elle accepte un petit travail. Aujourd’hui, si une entreprise locale lui propose une mission d’une semaine pour couper du bois, elle n’ose pas accepter de peur de voir son RSA revu à la baisse, et du coup gagner moins en travaillant, qu’en restant à la maison.
L’allocataire touchera alors environ de 300 euros de plus pour cette semaine de travail. Cela coûtera à l’entreprise 400 euros charges incluses, et si elle propose ce travail, c’est que cela lui rapporte bien plus.
Et l’État et les organismes sociaux toucheront la différence, soit 100 euros de plus.
Donc il n’y a pas de surcoût, et c’est bien le début de la mise en œuvre de l’utilité sociale.”

Sans détour

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